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Derrière les chiffres bruts des résultats électoraux se cache un mécanisme de calcul déterminant. La règle de la plus forte moyenne, prévue par le Code électoral, joue un rôle clé dans la transformation des voix en sièges à l’Assemblée nationale.
A l’issue du scrutin du dimanche 11 janvier 2026, les suffrags ont été exprimés, mais les électeurs ne connaissent pas encore la répartition définitive des sièges. Le nombre de voix recueillies par chaque liste, une fois proclamé, ne suffit d’ailleurs pas à déterminer automatiquement le nombre de députés élus. Pour comprendre la composition finale de l’Assemblée nationale, il faut se pencher sur une méthode souvent méconnue : la règle de la plus forte moyenne.
Le système électoral béninois prévoit que tous les suffrages exprimés ne se traduisent pas automatiquement en sièges. Avant toute répartition, une condition préalable s’impose. L’article 146 nouveau du Code électoral précise : « Seules sont éligibles à l’attribution des sièges, les listes ayant recueilli au moins vingt pour cent (20 %) des suffrages valablement exprimés dans chacune des circonscriptions électorales législatives ». Cette exigence écarte d’emblée les listes n’ayant pas atteint ce seuil, quelle que soit leur performance relative.
Une fois cette étape franchie, la règle de la plus forte moyenne entre en jeu pour départager les listes éligibles. Le principe est simple dans son esprit, mais complexe dans son application. Les voix obtenues par chaque liste sont divisées par des chiffres successifs afin d’établir des moyennes. Les sièges disponibles sont ensuite attribués aux listes ayant les moyennes les plus élevées.
Ce mode de calcul a des conséquences politiques importantes. Il tend à renforcer les partis arrivés en tête et à réduire les possibilités de représentation pour les formations ayant obtenu des scores modestes, même lorsqu’elles remplissent les conditions légales. Ainsi, une liste peut obtenir un nombre important de voix sans pour autant décrocher un siège supplémentaire si ses moyennes sont inférieures à celles de ses concurrents.
Dans les circonscriptions disposant de peu de sièges, l’effet de la plus forte moyenne est encore plus marqué. Chaque siège devient un enjeu stratégique majeur, et de faibles écarts de voix peuvent suffire à faire basculer l’attribution en faveur d’un parti plutôt qu’un autre.
Pour de nombreux électeurs, cette méthode reste abstraite et difficile à appréhender. Elle explique pourtant pourquoi les résultats définitifs publiés par la Commission électorale nationale autonome (CENA) diffèrent parfois des projections basées uniquement sur les pourcentages de voix.
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